Le discours de José Boutin a la commémoration de la disparition de Marcel Pagnol.
18 AVRIL 1974 – 18 AVRIL 2026
Les années passent et le souvenir reste. Nous sommes là tous ce matin, dans ce petit cimetière devant cette tombe dont la simplicité m’a toujours fascinée. Et plus de cinquante ans après, les admirateurs sont toujours aussi nombreux, et ils viennent du monde entier.
Il y a 52 ans, Marseille et la Treille étaient sous le choc, trois mots en noir de 20 cm de haut, barraient les unes des deux quotidiens marseillais de l’époque : le Méridional et le Provençal :
PAGNOL EST MORT
Mais mieux que de disserter dans le vide, je vais vous lire quelques extraits savoureux et authentiques relatés dans « L‘Echo de la Treille » petit journal (qui existe toujours) qui était entièrement écrit, mis en page et tapé à la machine à écrire par le regretté Maurice Portenseigne.
« Longtemps indécise quant à la date, l’inhumation de Marcel Pagnol eut lieu à la Treille l’après midi du 26 avril 1974. A quinze heures précises le convoi funèbre s’arrêtait au pied des marches menant à l’église. Tel un guetteur antique Jacques Vincent sonnait le glas à la main, dans un clocher rendu glacé par le mistral.
Marius Broquier et Jacqueline Pagnol s’étreignirent longuement.
La dernière scène du dernier acte de la vie du célèbre auteur pouvait commencer.
Toute la cérémonie se déroula à l’extérieur de l’église, celle-ci se révélant trop petite.
Les journaux en ont abondamment rendu compte, par des articles et des photos.
-Aussi je vais essayer, pour notre petite histoire, de vous relater quelques-uns des faits passés inaperçus, quelques petites choses sans importance, mais qu’il agréable de garder en mémoire.
L’envers de la caméra, en quelque sorte, comme Pagnol l’aurait certainement aimé.
Dès le lendemain de l’annonce du décès, jeudi 18 avril à 7h du matin, des ouvriers désherbaient les abords du cimetière.
Victor Sorrentino en tant que président du CIQ de la Treille, entrait en relation avec tous les chefs de services concernés : nettoyage, plantation, circulation, Police, Préfecture, société des Eaux, voirie et j’en oublie certainement….
On s’affairait.
Et tout le monde a dit «OUF !» quand on sut que les obsèques n’auraient lieu qu’environ une semaine plus tard. On allait pouvoir travailler sans se bousculer.
Les arbres le long des chemins ont été élagués. Jamais nos rues n’ont été si bien grattées, les prises d’eau réparées, les trous bouchés, les murs lavés, les trottoirs désherbés, les caniveaux balayés, les poubelles nettoyées, la grille d’entrée du
cimetière repeinte, le mur du canal au pied de la côté rebâti, la barraque des électriciens démontés.
On rendait hommage à l’académicien.
Certains esprits réalistes en ont conclu : il faudrait que ce soit tous les jours !
Dès le matin de la cérémonie, un imposant service d’ordre était en place.
Les motards sillonnaient le chemin de Bellons.
Gaston Defferre fut arrêté au premier barrage qui était le chemin de Pluvence, sa voiture n’ayant aucun signe officiel, l’agent ne l’avait pas reconnu.
Outre l’Archevêque de Marseille, Mgr Roger Etchegaray, de nombreux ecclésiastiques étaient présents : l’Abbé Queirolo, curé de la Treille, l’abbé Piétri, l’abbé Magnan et bien entendu le grand ami de Marcel Pagnol l’abbé Victor Party le vrai curé dans « Manon des Sources » le film de 1952 tourné entièrement à la Treille ; il était le curé à l’époque.
Des délégations d’élèves du Lycée Marcel Pagnol de St-Loup étaient présentes, et très nombreuses, ainsi que tous les élèves de l’école primaire de la Treille.
Mais l’homme du jour fut incontestablement Marius Broquier. Il avait son costume blanc de maçon, avec une casquette neuve ! « J’ai l’impression que Marcel me voit, disait-il, si j’étais habillé autrement, il ne me reconnaitrait pas ».
De nombreuses couronnes de fleurs jonchaient le parvis de l’église, elles étaient adressées par des personnalités connues : Gaston Defferre, Tino Rossi, la Sté des Auteurs, l’Académie Française, et les communes d’Allauch, Aubagne, Cagnes s/Mer et la Gaude etc… etc..
Une des plus belles fut celle des habitants de la Treille :
«A notre académicien et ami
La Treille immortelle dans son œuvre
Le regrette, le pleure……. et le garde.
Voilà chers amis, ce que je voulais vous faire partager aujourd’hui. Je me suis replongée dans l’armoire aux souvenirs. Il n’y a qu’à se baisser pour en prendre.
Josée BOUTIN
18 AVRIL 2026
Comme chaque année le18 avril, nous serons au cimetière de la Treille, pour commémorer la disparition de Marcel Pagnol.
Nous vous donnons rendez-vous le
SAMEDI 18 AVRIL à 11H
Cette année sera le 52è anniversaire, les années passent, mais nous n'oublions pas.
A l'issue de cette cérémonie, nous déposerons une gerbe de fleurs, je dirai quelques mots, si parmi vous quelques uns voudraient prendre la parole, ils pourront le faire.
Nous prendrons le pot de l'amitié chez moi vers 12h.
Je vous remercie pour votre future présence, et dans cette attente je vous assure de toute mon amitié.
Josée BOUTIN
Présidente des Amis de Marcel Pagnol
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